Anthony reviewed L'orientalisme by Edward Said
L'orientalisme
4 stars
Le Français que je suis, qui, bien que je ne puisse remonter bien loin dans mes racines, ne connais pas d’ancêtre qui ne soit né en métropole, a été nourri de cet orientalisme romantique, tant par ses lectures que par sa « culture » picturale. La lecture de L’Orientalisme d’Edward W. Said m’a beaucoup appris sur la naissance de cette vision que toutes et tous, « occidentaux », portons sur l’Orient (nous concernant, ici en France, plus précisément sur le Proche-Orient). Certains chapitres m’ont paru plus abscons (notamment sur certains auteurs du XIXᵉ et du XXᵉ siècles), mais l’ouvrage est, pour l’essentiel, accessible au non-initié. J’ai pris conscience de l’influence de cette discipline sur notre vision de l’Orient, parce qu’il est difficile d’échapper à sa position d’Européen privilégié et longtemps dominateur (persécuteur) de « l’Arabe ». Edward W. Said nous ouvre les yeux et dresse un portrait assez affligeant de …
Le Français que je suis, qui, bien que je ne puisse remonter bien loin dans mes racines, ne connais pas d’ancêtre qui ne soit né en métropole, a été nourri de cet orientalisme romantique, tant par ses lectures que par sa « culture » picturale. La lecture de L’Orientalisme d’Edward W. Said m’a beaucoup appris sur la naissance de cette vision que toutes et tous, « occidentaux », portons sur l’Orient (nous concernant, ici en France, plus précisément sur le Proche-Orient). Certains chapitres m’ont paru plus abscons (notamment sur certains auteurs du XIXᵉ et du XXᵉ siècles), mais l’ouvrage est, pour l’essentiel, accessible au non-initié. J’ai pris conscience de l’influence de cette discipline sur notre vision de l’Orient, parce qu’il est difficile d’échapper à sa position d’Européen privilégié et longtemps dominateur (persécuteur) de « l’Arabe ». Edward W. Said nous ouvre les yeux et dresse un portrait assez affligeant de ces hommes qui ont façonné la représentation de ces femmes et de ces hommes, puis les y ont enfermés, de sorte qu’aujourd’hui encore nous sommes victimes de ces préjugés qui ont empli la littérature, les universités et les savoirs en général. Il faudra longtemps, et beaucoup de travail de la part des nouvelles générations de chercheuses et de chercheurs, pour qu’une critique constructive nous permette de renouveler notre regard sur des peuples que nous avons essentialisés au point qu’eux-mêmes puissent se voir tels que nous avons voulu les « simplifier ».
